La trompe de chasse au coeur des Deux-Sèvres

L'apprentissage de la Trompe
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Quelques bases...

 

Cette composition sur l’apprentissage de la Trompe de chasse, n’analyse pas en détail tous les paramètres à maitriser pour savoir « bien » sonner, mais donne un fil conducteur global dont le sonneur pourra garder en mémoire.

Depuis sa création, la trompe de chasse se transmet principalement à l’oral à travers la pratique. Comme l’a si bien dit Hubert KLEIN : « on ne nait pas sonneur, on le devient à travers les rencontres vécues et en fonction de ce que l’on a su retenir des messages entendus ».

 

Etre encadré pour débuter


C’est grâce aux conseils et avis que l’on récolte dans sa vie de sonneur que l’on améliore sa trompe. Mais une chose essentielle doit être gardée à l’esprit : l’entrainement régulier.  Tout sonneur débutant, à moins d’être pourvu d’un don naturel, doit se donner le temps  de travailler régulièrement s’il souhaite progresser. Les deux à trois premiers mois doivent être soutenus en séance d’entrainement pour s’améliorer et pouvoir rapidement débuter les premières fanfares. Car le  plaisir du sonneur se trouve bien dans l’exécution des fanfares,  instant où il peut s’exprimer à travers une mélodie et le son cuivré propre de la Trompe. C’est pourquoi il est important pour un débutant de ne pas commencer seul. L’expérience des écoles et groupes permettent aux initiés d’être encadrés et de ne pas prendre des défauts, tant sur l’apprentissage des fanfares que sur la maitrise de l’air.

 

Le principe


En essayant d’aborder la Trompe de manière théorique, nous pouvons dire qu’un sonneur n’est plus ni moins qu’in chanteur auquel la trompe vient prolonger les lèvres. En effet, les chanteurs dits « à voix » tels les chanteurs lyriques s’appuient sur la gestion de l’air pour donner du volume, de la nuance, et de l’émotion dans leurs voix. C’est sur le principe de maitrise de la célèbre « colonne d’air » qu’un sonneur va pouvoir passer du ton radouci au forte, en y mettant selon son expression plus ou moins de vibrato.

Là où la comparaison s’arrête avec les chanteurs, est au niveau des lèvres, puisqu’apparait l’embouchure. Le sonneur doit mettre en pression l’air inspiré avant de la libérer. Un sonneur ne maitrisant pas ce point  se trahit par un «souffle » entendu dans le pavillon avant l’apparition du son. Une manière d’illustrer la mise en pression, est le blocage de respiration faite par une personne plongeant la tête dans l’eau. La personne  inspire, bloque la respiration et lorsqu’elle sort la tête de l’eau expire brusquement l’air retenu. Lors du blocage, on sent alors la cage thoracique et la bouche en pression.

 

L'embouchure sur les lèvres du sonneur

 

Lorsque cette pression est libérée dans l’embouchure apparait théoriquement un son net ayant une puissance initiale. L’entrainement permettra au sonneur de gérer cette « attaque » tant en précision qu’en volume. La gestion de la première note est cruciale puisqu’elle canalise la phrase qui suit. La pratique permettra aussi au sonneur de gérer son air sur la durée d’une phrase, puis d’une fanfare entière.

Le pincement ou le desserrement des lèvres sur l’embouchure permettra ensuite au sonneur de faire varier les notes par la modification du diamètre de sortie de l’air. Un son aigu s’obtiendra avec des lèvres pincées et  l’inverse, un son grave sera obtenu par des lèvres desserrées.


L’importance du chant


« On sonne comme on chante », refrain populaire dans les écoles de trompes qui a sa grande part de vérité. Les sonneurs sont adeptes du chant, et s’en servent comme un outil de travail. Le chant permet de travailler la respiration, la justesse des notes, leurs expressions et la structure des fanfares. Travailler en chantant évite le sacrifice des lèvres pour perfectionner la colonne d’air. La « colonne d’air » est un terme illustrant l’ensemble « cage thoracique – diaphragme ». Les conseils en vidéo du soprano et professeur de chant Sophie De Cruz pour apprendre à maîtriser la respiration abdominale et améliorer son chant :

 

 

Lorsqu’un sonneur inspire de l’air, il peut imaginer qu’il remplit une colonne d’air se trouvant dans son corps. Lorsqu’il met son air en pression, c’est comme si un piston rentrait par le bas de cette colonne d’air pour l’appuyer. Lorsque le sonneur libère l’air dans l’embouchure, le piston commence à remonter pour appuyer sur l’air. L’appui de ce piston doit se faire de manière continue jusqu’à l’épuisement des réserves d’air. L’appui continu est essentiel pour assurer un son rempli et sans « hachure ». Si le piston remonte trop vite, le sonneur réalise des premières notes puissantes voir forcées mais ne peux atteindre la fin de sa phrase. L’exercice consiste donc à gérer l’appui de cet air pour allier son et tenu dans le temps.

 

On sait qu’on sonne bien quand…..

 

Ici, « sonner bien » ne signifie pas savoir sonner comme un champion de France, mais plutôt sonner en gérant les principales bases. Quelques indices peuvent vous indiquer si oui ou non vous sonner avec votre colonne d’air :

- On entend un souffle dans votre pavillon : votre attaque n’est pas assez franche. Le son n’est pas remplie, vous n’êtes pas assez en pression sur votre première note.

- Si vous tremblez des mains, des jambes : vous êtes crispés ! Détendez-vous ! La trompe est un loisir pour se détendre. Savourez les mélodies, ne les forcez pas.

- Vous manquez d’air au bout de deux phrases ou sensation d’asphyxie : votre respiration n’est plus correctement effectuée entre chaque phrase.

- Vous sentez et entendez des à-coups au niveau de la gorge : vous sonnez alors avec la gorge et non avec l’appui en air provenant du diaphragme.

- Chaque note est un défi à passer : elles sont trop appuyées. En chantant essayez de prononcer des «du», «de», ou «da» à la place des «ta», «te» et autres «tu». Cherchez ensuite à les reproduire dans votre embouchure.

 

D’autres points pourraient être évoqués, mais cet écrit n’a pas pour but d’être une leçon complète. Le mieux pour apprendre à sonner est de se rapprocher de sonneurs confirmés. Ces quelques lignes permettront aux sonneurs débutants d’acquérir des bases théoriques, et au grand public de comprendre un peu mieux le fonctionnement de l’instrument. Peut-être aussi de pouvoir répondre à la célèbre question : « Comment vous fait’ pour faire les not' y a pas de touches sur vot’ cor de chass’ ? »

 

La pédagogie de la Trompe

 

Après la dernière guerre, la FITF a développé les stages pour permettre aux sonneurs de partager leur savoir-faire dans le domaine. Dans ce milieu, un sonneur peut très bien donner un conseil à un autre sonneur sans savoir pour autant donner l’exemple. En reprenant certains propos d’Hubert KLEIN, « il faut apprendre à critiquer positivement ». Reconnaitre un défaut chez un sonneur permet aussi de le corriger chez soi-même, c’est une preuve de progrès. Le moniteur doit donc savoir écouter mais en analysant ce qu’il va et ne va pas dans la trompe de l’interprète. Et c’est là qu’est curieux de voir que les meilleurs sonneurs ne sont pas toujours les meilleurs pédagogues. Un sonneur doué, ne saura pas forcément expliquer comment il procède, car possédant un don il n’a pas eu à se concentrer sur des aspects techniques. Un sonneur progresse à travers les conseils qu’il reçoit. Les avis récoltés lui donnent des directions différentes à suivre lui permettant de tendre vers une principale. Il n’y a pas de route directe à suivre pour apprendre à sonner. Un sonneur zigzague autour d’une route théoriquement droite censée être le « coup de trompe « parfait. Au fur et à mesure qu’il progresse il s’en approche…..sans jamais l’atteindre, quel que soit son niveau !

 

Progression d'un sonneur